Nyiragongo : Renforcement des Capacités en Gestion du Choléra à Kibumba.

Kibumba, 01.03.2025 – Dans le cadre du projet ALERT 907 DRC, mis en œuvre par le consortium MIDEFEHOPS (AFPDE et BIFERD), une formation stratégique a été organisée à Kibumba pour 25 facilitateurs, leaders communautaires et prestataires (RECO, CAC, APS). Objectif : renforcer la lutte contre le choléra dans les zones de santé de Nyiragongo, en province du Nord-Kivu. Cette initiative s’inscrit dans une approche de prévention et de réponse aux épidémies, visant à limiter la propagation de cette maladie hydrique particulièrement dangereuse dans les contextes de forte promiscuité et de manque d’infrastructures sanitaires adéquates.

Un Contexte Humanitaire Fragile

Le Nord-Kivu, marqué par une instabilité chronique, connaît un afflux de populations retournant dans leurs villages après des déplacements forcés. Ces retours exacerbent les défis liés à l’accès aux services de base, notamment l’eau potable, l’assainissement et les soins de santé. Dans ces conditions, le choléra, une infection bactérienne aiguë transmise par l’eau contaminée, représente un danger permanent. L’absence de sources d’eau sûres et d’infrastructures sanitaires adéquates accentue le risque d’épidémies, rendant indispensable une réponse rapide et adaptée.

WASH : Un Pilier Essentiel pour la Santé Publique

L’approche WASH (Water, Sanitation and Hygiene) constitue un levier fondamental de lutte contre le choléra et repose sur trois axes stratégiques :

· Eau potable : L’approvisionnement en eau propre est crucial pour briser la chaîne de transmission du choléra. La formation a mis l’accent sur l’importance du traitement domestique de l’eau à l’aide de filtres céramiques, de solutions chlorées et de méthodes de stockage sécurisées afin d’éliminer les bactéries responsables de la maladie.

· Assainissement : L’absence de latrines adéquates favorise la contamination de l’environnement. Pour y remédier, les participants sont formés à la construction de latrines temporaires dans les camps de déplacés et à la promotion de latrines partagées au sein des communautés. L’utilisation appropriée des toilettes et la gestion efficace des déchets humains permettent de limiter la prolifération des agents pathogènes.

· Hygiène : Des gestes simples, comme le lavage des mains avec du savon après être allé aux toilettes ou avant de préparer les repas, sont essentiels pour prévenir la transmission du choléra. Les séances de formation insistent sur l’éducation aux bonnes pratiques d’hygiène et sur l’importance de la propreté des ustensiles de cuisine et de la gestion des déchets domestiques.

Une Formation Participative et Structurée

La session de formation a rassemblé 25 participants (femmes et hommes), sélectionnés pour leur rôle clé au sein de leurs communautés. L’objectif était de leur fournir des connaissances pratiques et théoriques leur permettant de devenir des relais efficaces dans la lutte contre le choléra. Afin d’assurer une couverture optimale des zones ciblées, ils ont été organisés en équipes de trois par localité. Cette structuration garantit non seulement une diffusion rapide et efficace des informations, mais aussi un suivi constant des progrès réalisés sur le terrain.

Des Stratégies Adaptées aux Réalités du Terrain

Pour maximiser l’impact de la sensibilisation et des interventions, plusieurs stratégies ont été mises en place :

· Participation communautaire : En intégrant les habitants dans le processus de sensibilisation, les facilitateurs adaptent les messages en fonction des réalités socioculturelles locales, garantissant ainsi une meilleure appropriation des bonnes pratiques.

· Supports pédagogiques diversifiés : Des affiches illustrées et des guides simplifiés  sont utilisés pour rendre les messages accessibles, y compris aux personnes peu ou pas alphabétisées.

· Méthodes interactives : Des séances de démonstration, des discussions de groupe et des jeux éducatifs sont organisés afin de renforcer l’engagement des communautés.

Grâce à ces initiatives, le projet ALERT 907 DRC ne se limite pas à une simple sensibilisation, mais vise une transformation durable des comportements et des conditions sanitaires des populations de Kirotshe et Nyiragongo. En plaçant le volet WASH au cœur de son action, ce programme contribue non seulement à la prévention du choléra, mais aussi à l’amélioration globale des conditions de vie des communautés vulnérables. Il démontre ainsi qu’une approche intégrée et collaborative peut significativement réduire l’impact des crises sanitaires, même dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires persistants.