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Pérenniser les acquis de PAMOJA TUTAWEZA : des communautés outillées pour prévenir et répondre aux VBG

Pérenniser les acquis de PAMOJA TUTAWEZA : des communautés outillées pour prévenir et répondre aux VBG

Marcelin Amani 2026-01-29 22:13:00

Dans le cadre du projet PAMOJA TUTAWEZA, mis en œuvre par le consortium AVSI–MIDEFEHOPS–SYOPADI avec l’appui financier du Fonds Humanitaire en RDC, MIDEFEHOPS Asbl a conduit des actions d’exit centrées sur la pérennisation des acquis. L’objectif est de consolider, au sein des communautés, des capacités durables pour prévenir les Violences Basées sur le Genre (VBG), réduire les risques de protection et améliorer l’orientation des survivant·e·s vers les services spécialisés disponibles.

Ces activités ont été mises en œuvre dans les zones de santé de Rutshuru, Kirotshe et Nyiragongo, en veillant à une approche inclusive et accessible. Une attention particulière a été accordée aux personnes vivant avec handicap, aux personnes âgées et aux survivant·e·s de VBG, afin que l’information, la prévention et les mécanismes de protection soient compris et appropriés par toutes et tous.

Une stratégie d’ancrage durable : former, mobiliser, protéger

La pérennisation des acquis repose sur une logique simple : renforcer les compétences des leaders et relais communautaires, puis relier ces compétences à une mobilisation locale continue, capable d’entretenir les changements de comportement et d’activer rapidement les mécanismes d’orientation en cas de besoin. Cette articulation entre apprentissage, engagement et action permet de maintenir les résultats au-delà de la période du projet et de soutenir la résilience des personnes retournées et des communautés hôtes.

En investissant dans des figures reconnues — leaders communautaires, leaders religieux, hommes et garçons engagés — l’intervention vise à transformer ces acteurs en agents de changement, capables d’influencer positivement les normes sociales et de renforcer une culture de respect des droits humains. Comme le souligne “Marie”, mère retournée à Rutshuru : « Avant, on pensait que la violence à la maison est une affaire privée. Aujourd’hui, je sais que c’est une violation des droits, et qu’il faut orienter sans juger. »

Des leaders et relais communautaires outillés pour prévenir et répondre

Au total, 110 personnes (55 hommes et 55 femmes) ont été renforcées à travers une formation de deux jours, organisée au bureau de coordination de MIDEFEHOPS à Goma et Kiwanja. La formation a permis d’approfondir la compréhension des VBG, d’identifier leurs causes profondes notamment les inégalités de genre et les déséquilibres de pouvoir et de clarifier leurs formes (physique, psychologique, sexuelle, économique).

Un accent particulier a été mis sur le changement des mentalités : déconstruire les mythes et stéréotypes qui banalisent la violence, tout en rappelant que la VBG constitue une violation des droits humains fondamentaux. Cette dynamique a également encouragé l’engagement des hommes et des garçons comme alliés, en promouvant des modèles de masculinité positive, non violente et protectrice.

La formation a enfin consolidé les capacités de réponse : reconnaître les signes, orienter correctement vers les services (santé, juridique, psychosocial) et appliquer les principes centrés sur les survivant·e·s (respect, confidentialité, absence de jugement). À ce sujet, “Jean”, leader religieux à Kirotshe, témoigne : « En tant que leader religieux, je comprends mieux comment parler de respect, de dignité et de non-violence. Je vais intégrer ces messages et accompagner les familles vers les services. » Une évaluation (test écrit, exercices pratiques et feedback) a permis de vérifier l’appropriation des connaissances et des réflexes attendus.

Dialogues communautaires et focus groupes : informer, sensibiliser et orienter

Dans la continuité du renforcement des capacités, des séries de focus groupes ont été organisées avec des leaders communautaires pour ancrer les messages, diffuser l’information et renforcer la protection communautaire. Ces dialogues ont permis de présenter les actions du projet, de sensibiliser sur les VBG et d’autres risques de protection, et surtout de clarifier le circuit de référencement vers les services de prise en charge disponibles.

Les échanges ont été conduits dans les aires de santé ciblées : à Kirotshe (Afia Sake, Mitumbala, Kimoka, Shasha, Bweremana), à Nyiragongo (Rusayu, Buhumba, Kingarame, Kasizi) et à Rutshuru (Kakomero, Rugari, Katale, Biruma, Rubare, Murambi). Une attention constante a été portée à l’inclusion, afin que les personnes les plus vulnérables puissent accéder à une information utile, compréhensible et actionnable. “Aline”, participante à Nyiragongo vivant avec handicap, résume l’impact de cette démarche inclusive : « Pendant les échanges, on nous a inclus et écoutés. Maintenant je sais où aller si quelqu’un subit une violence, et comment aider sans exposer la survivante. »

Ce qui reste après le projet : des acquis consolidés et une dynamique durable

À travers cette démarche, PAMOJA TUTAWEZA laisse des acquis concrets : des relais communautaires mieux préparés, une compréhension plus forte des VBG comme violation des droits humains, et une capacité améliorée à informer, prévenir et orienter les survivant·e·s de manière digne et sécurisée. La mobilisation communautaire renforcée contribue aussi à réduire la stigmatisation, à encourager la solidarité locale et à soutenir des environnements plus protecteurs.

Parce que la protection ne s’arrête pas avec la fin d’un projet, AVSI, SYOPADI et MIDEFEHOPS, avec l’appui du Fonds Humanitaire de la République Démocratique du Congo, misent sur l’appropriation communautaire : des communautés informées, solidaires et résilientes, capables de poursuivre la prévention, la vigilance et l’orientation vers les services.

Ensemble, pour des communautés protégées et dignes.

MIDEFEHOPS ASBL